GÉNIE DU VIEILLARD DES PYRAMIDES ET DE LA CHOUETTE NOIRE
Corinne (France)

L’ancien grimoire dénommé « Le génie et le trésor du vieillard des pyramides » prend la forme narrative d’un récit oriental, dans la même veine que la « Légende des trois mages qui ont visité la Grande Voûte et découvert le Centre de l’Idée » raconté par Jules Boucher, ou encore des « Mille et une Nuits », mais à la différence que ce n’est pas un conte, mais un récit empli de merveilleux. Il nous indique contenir la véritable science des talismans et de la chouette noire. « Là encore, un apprentissage pénible doit s’accomplir, des épreuves doivent être subies, la marche est longue, qui, au fond de la pyramide du Pharaon, conduit au soleil d’or et de feu ».

L’histoire qui est contée se déroule en septembre 1642, et narre le voyage d’un ingénieur maritime envoyé en expédition militaire en Égypte, sauvé et soigné par un vieil égyptien, suite à une attaque arabe aux pieds des pyramides des pharaons. Ce vieillard, un « mahométan », est un sage de la haute vallée du Nil, initié à la science secrète des Mages et des talismans. Après sa convalescence, le vieux sage égyptien en fait son fils adoptif spirituel et l’initie aux secrets des « peuples invisibles qui habitent les quatre éléments », des génies et forces de la nature, comme les gnomes, sylphes, ondines, salamandres, tout en se référant à Socrate, Porphyre, Trismégiste.

Après lui avoir expliqué, démontré, montré l’existence et la magie du Génie qui lui est attaché, il lui révèle la pratique de la magie des 20 talismans et anneaux magiques, composés de signes kabbalistiques et enrichis de pierres précieuses. La création de ces talismans couplés à des bagues y est décrite de manière très précise, sous forme de planche, talisman par talisman. Tout y est dicté : la forme du chaton, le métal qui doit être employé, les mots à tracer et prononcer pour l’activer, les lignes et signes à dessiner, comment l’anneau doit être porté et où le talisman doit être posé.

Les talismans ont divers objectifs : conjurer les puissances célestes, trouver l’amour, la découverte de trésors, la connaissance des secrets, lire dans les pensées, commander aux Éléments, rendre invisible, se télé-transporter, l’ouverture de toutes les serrures, acquérir la science des minéraux, végétaux et de la médecine universelle, par exemple. À ces 20 talismans s’ajoute la conception de 2 cercles de pratique utilisés par le vieillard des pyramides dans sa pratique.

Mais attention, « le sage seul peut se servir des talismans. (…) Si tout est possible à la vertu, par contre aucune faute ne reste impunie ». Ces sigils ont vertu définitive, ne sont pas faits pour être modifiés, adaptés, personnalisés. Si l’univers et la magie des sigils sont passionnants, avant tout usage, il est important d’en connaître le sens profond, son histoire, sa conception. Ils sont « des monogrammes de la pensée » (Austin Osman Spare) et doivent être « en accord avec la singularité de notre psyché » (Frater U.D.). Dans sa seconde partie, il est traité de « La Chouette noire », où il nous est relaté comment faire naître kabbalistiquement cet oiseau merveilleux qui a le pouvoir de découvrir les trésors cachés. Il est indiqué que le premier possesseur d’un de ces oiseaux est le « Grand Oramasis, père de Zoroastre » − il faut rapprocher « Oramasis » du dieu de la sagesse perse, Ormuzd plus connu sous le nom d’Ahura Mazda −, qui a transmis ce secret à notre vieillard des pyramides, dans un manuscrit écrit en langue hiéroglyphique, lamé d’or et incrusté de rubis et de diamants. Ici le mythe semble rejoindre l’alchimie, le Grand Œuvre. Les travaux y sont décrits avec autant de précision que la conception des talismans. Mais comme pour ces derniers, l’or et l’« or philosophique » de la Sagesse ne sont offerts qu’aux seuls initiés, aux rares disciples de la Vertu, dignes de recevoir la Lumière…

Corinne, France