SIGILS, LES CLÉS DU SUCCÈS
Corinne (France)

Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai toujours été interpellée et fascinée par les symboles et leurs mystères, qu’ils soient alchimiques, cabalistiques, talismaniques, ou tout simplement magiques. Je me demandais comment ont-ils été créés? Pourquoi tel « dessin » pour illustrer telle énergie, déité, planète, etc. ? Puis, j’ai découvert les sigils et leur usage en magie. Un sigil peut être défini comme un sceau, un glyphe, une figure graphique qui représente une intention que ce soit un mot unique ou une phrase. Le terme provient du latin « sigillum » signifiant signature. Le concept a été développé par le peintre et occultiste Austin Osman Spare (1886 -1956). Il disait que « les sigils sont des monogrammes de la pensée » devant être en accord parfait avec la singularité de la psyché de son créateur. Ainsi, la magie sigillaire de Spare est basée sur l'intention et la création d'un sceau dans lequel ladite intention est projetée par la volonté du pratiquant afin de produire des effets dans le monde réel, sans que soit nécessaire la mise en œuvre de rituel complexe, ou l’acquisition d’outil spécifique. Ce qui m’a plu dans cette magie, c’est l’absence de dogme, de concept philosophique, son caractère minimaliste et la personnalisation qui peut et doit en être faite; mais aussi le fait qu’elle permet de travailler, et donc améliorer, son pouvoir de volonté, d’intention et de visualisation. Pour avoir une vision plus complète de cette pratique, je me suis procuré l’ouvrage de Frater U. D. (alias Ralph Tegtmeier) intitulé « Les sigils, les clés du succès. Traité de magie pratique » (éditions Chronos Renam), dont je vais vous parler aujourd’hui. Ce livre m’a permis de faire entrer les sigils dans ma pratique magique en les démystifiant et me les appropriant.

La base de ce traité est le concept d’Austin Osman Spare. Le chapitre 1 pose en quelque sorte les bases de travail. Il n’existe ni de sceau correct ou incorrect, ni de liste prête à l’emploi; il est crucial qu’il soit une création du pratiquant : « les sceaux réellement efficaces sont ceux qui viennent de notre inconscient ». Le procédé de Spare est celui de la fusion et de la stylisation des lettres retenues dans la phrase d’intention. Le sigil créé, il doit être intériorisé, implanté dans l’inconscient « spasmodiquement », activé et enfin détruit ou alimenté. L’esprit conscient doit l’oublier afin que l’inconscient fasse son œuvre sans entrave.

Le chapitre 3 traite des manières d’activer son glyphe pour qu’il devienne sigil et de son devenir en talisman ou amulette. Je vous déconseille la « posture de la mort » de Spare pour son activation. Une méditation peut suffire, ou encore le charger de votre énergie. Je pense qu’autant sa création est personnelle, autant son activation doit l’être aussi. Pour ma part, j’ai choisi de l’activer/le charger d’énergie en le tenant dans mes mains, le placer sur mon autel et de le nourrir, tout en l’oubliant puisqu’il fait partie du décor en quelque sorte; et, son œuvre accomplie, il sera détruit par le Feu. Au chapitre 2, Frater U. D. développe la méthode alphabétique avec divers exemples pour une meilleure compréhension et application. Les chapitres 4 et 5 sont consacrés à deux autres méthodes de création, celle picturale (images stylisées) et celle mantrique utilisant essentiellement des sceaux acoustiques (« le sceau ultime est sûrement le silence lui-même, mais on ne peut rien en dire »). Car oui les modes de création sont diverses et multiples, et l’auteur n’en cite que quelques-uns. En plus de la technique alphabétique, j’utilise également l’assemblage de lettres runiques, les idéogrammes et phonogrammes de l’alphabet hiéroglyphique, ou encore l’alphabet thébain.

Spare a conçu un « Alphabet du Désir » qui serait un système de 22 glyphes exprimant chacun des aspects de la sexualité, tels un protolangage particulier à l’inconscient humain, et/ou un miroir de la psyché (chap. 6). Cet « alphabet » peut être considéré comme une liste de sceaux réutilisables par association selon votre intention, pour créer vos propres sceaux. Notons qu’il est entouré de mystère, les écrits de Spare n’étant pas toujours explicites.

Autre méthode très intéressante, mais un peu plus complexe, celle à partir des carrés magiques ou cameas, qui utilise l’Aïq Bekar ou « kabbale des 9 chambres » et les sceaux planétaires d’Agrippa dans son ouvrage « De Occulta Philosophia » (chap. 9). Il est également possible de faire appel à la technique dite de résurgence atavique de Spare (chap. 7), où l’on utilise notre mémoire génétique/héréditaire, car notre histoire évolutive serait toujours organiquement présente en nous. Mais, attention cette démarche nécessite une bonne expérience de la pratique magique et une grande stabilité mentale.

Comme dans toute pratique magique, « osez expérimenter, apporter des modifications là où elles vous semblent nécessaires (…) La magie sigillaire n’existe que parce que chaque magicien est unique. » (Frater U. D.)

Corinne, France