SABBAT D'OSTARA
Corinne (France)

L’équinoxe de Printemps est l’un de mes sabbats préférés!! Ostara est célébré entre le 20 et le 23 mars en fonction de la position du Soleil devant se trouver à 0° du signe du Bélier. C’est un temps de renouveau, symbole de fertilité, d’espoir, de croissance, où la Nature s’épanouit de tous côtés, où la Terre revient à la vie; il n’y a rien de plus beau!! Rappelons que le terme équinoxe signifie que la nuit et le jour sont de durée égale (« aequus » = égal et « nox » = nuit). Le soleil est à son zénith parfaitement aligné avec l’Équateur, marquant la fin de l’Hiver et le début du Printemps, le jour où la lumière commence à triompher sur l’obscurité. Ce jour d’équinoxe est donc très marqué par la notion d’équilibre. C’est un moment parfait pour y méditer et mettre des actions pour l’atteindre et le conserver le plus possible, que ce soit au sein de sa vie en général, de sa pratique magique et en soi, à travers sa part d’ombre et de lumière.

Jusqu’en 1572, lorsque l’on est passé du calendrier julien au calendrier grégorien, le 25 mars était considéré comme le début de l’année, ce qui explique que le cycle astrologique du zodiaque débute à cette période. Lors des célébrations du sabbat que l’on nommera plus tard Ostara, il était donc question de célébrer une nouvelle année. Les Perses, il y a 3000 ans avant notre ère, fêtaient « Nowruz » (nouveau jour) à l’équinoxe de Printemps. Après avoir intériorisé notre être, nos pensées, nos projets durant les mois sombres, l’heure est à leur extériorisation, mais également au commencement de nouveau travail magique, de nouvelle recherche et découverte. La Déesse sortie de son sommeil enveloppe la terre de fertilité; le Dieu gagne en maturité et parcourt les prairies verdoyantes. Période des semences dans les champs, il est temps de semer les graines de nos futurs projets, et de s'occuper des plantations des plantes utilisées en magie et des jardins rituels. C’est un temps d’anticipation, d’optimisme, de renaissance. Tel le phénix renaissant de ses cendres, il y a une teinte de résurrection pour recommencer à l’aulne d’un nouveau départ, et ainsi revenir sur ses ratés, ses erreurs, ses faux pas et décider ce que l’on veut réessayer, ou bannir de sa vie, avec un enthousiasme renouvelé, mais sans aucun sentiment de culpabilité.

La célébration d’Ostara, sabbat mineur de Feu, est associée à Eostre, déesse du printemps, de la fertilité, de l’aube, mais dont l’existence est incertaine. La première mention en a été faite au VIIIᵉ par le moine bénédictin Béde de Northumbrie, dans son œuvre « De temporum ratione » concernant « Eosturmõnap », où les païens festoyaient en l’honneur d’Eostre. Selon un conte populaire ukrainien expliquant l’origine des « pysanky » (œufs décorés), un jour d’hiver, Eostre découvre un oiseau blessé qu’elle transforme en lièvre pour le sauver. Ce dernier pour la remercier lui offre ses œufs qu’il a décoré. Il existe une variante mettant en exergue une loi magique selon laquelle « si ça ne fait de mal à personne, fais ce que tu veux », où, l’oiseau devenu lapin malheureux de ne pouvoir plus ni chanter ni voler, Eostre perd ses pouvoirs qu’elle ne retrouve que la veille du Printemps pour retransformer le lapin en oiseau.

De tout temps, l’équinoxe de Printemps a été fêté par de nombreuses civilisations. Les Mayas rendaient hommage au retour du dieu Soleil, sur le site de la pyramide cérémonielle d’El Castillo au Mexique, où le soleil au coucher crée l’illusion qu’un serpent géant descend les marches de la pyramide, phénomène appelé « Retour du Serpent du Soleil ». Au Cambodge, le complexe d’Angkor Vat érigé au XIIᵉ siècle, voit le soleil se poser en haut de la spire du temple. À Malte, sur le site de Mnajdra, plus vieux calendrier solaire datant de 5000 ans, le soleil entre dans le temple en illuminant l’axe principal. Remontons il y a 12000 ans dans le comté de Carke en Virginie, le site de Soupt Run montre des cercles concentriques et une formation rocheuse triangulaire s’alignant avec l’équinoxe.

Plus proche de nous, les Druides ne fêtaient pas Ostara mais Alban Eiler ou « Lumière de la Terre », jour des semailles considéré comme une période de transition avec un haut potentiel magique. À Rome avait lieu le festival des Bacchanales célébrant les dieux Bacchus et Dionysos. Ostara est à mettre en parallèle avec la fête chrétienne de Pâques, tombant le premier dimanche après la première pleine lune suivant l’équinoxe de Printemps, qui a repris les thèmes de résurrection, de fertilité et de renaissance (poule, lapin, œuf).

Traditionnellement, les déesses incarnant l’esprit de la vie et du renouveau sont à l’honneur, telle Perséphone, déesse des récoltes et de la moisson revenant pour 6 mois sur terre au Printemps; Aphrodite, déesse grecque de la beauté et de l’amour associée aux pouvoirs régénérateurs de la Nature; la nymphe Clytie amoureuse d’Apollon dieu du soleil qui se transforme en tournesol ; Gaïa, l’une des plus anciennes déesses grecques, personnification de la Terre elle-même. Concernant les divinités masculines, ce seront des jeunes dieux virils, comme Aengus MacOg, dieu irlandais de l’amour et de la régénération; Cernunnos, dieu celtique dit « Dieu cornu » coiffé d’une ramure de cerf; Dagba, le « Bon Dieu » irlandais capable de ressusciter ce qui est mort; l’Homme vert vivant dans les plantes et encourageant leur pousse; Thor, dieu nordique frappant de son marteau Mjöllnir le sol afin de faire venir le Printemps; ou encore, Osiris, dieu égyptien de la fertilité et de la végétation à cette époque de l’année. Les symboles attachés à ce sabbat sont notamment le lapin ou lièvre, l’agneau, le poussin. Je trouve que le papillon représente bien les énergies d’Ostara, car il met en œuvre une renaissance après une période de repos pour atteindre sa transformation ultime lui permettant de prendre son envol. Autre symbole pertinent, l’œuf avec la notion d’œuf primordial ou œuf cosmique créateur de l’univers. Concernant les fleurs, les crocus, les jonquilles et narcisses, les jacinthes, les pâquerettes, les ancolies, les violettes, les primevères, et pour les arbres, l’aubépine, l’aulne et le pommier pourront faire partie de votre décorum et de vos rituels. Les couleurs à privilégier sont les pastels, bleu, rose, vert, jaune, mauve et blanc. Concernant les encens, je vous conseille un encens floral.

Comme vous l’avez compris, Ostara est la célébration « sorcière » de l’équinoxe de Printemps, de la célébration de la vie, de la mort et la renaissance. Il est temps de sortir, d’accueillir le monde, de faire entrer ses désirs dans sa vie, et de se reconnecter à la Terre.

Corinne, France