SOLSTICE D'ÉTÉ
Corinne (France)

Le mouvement de la Roue de l’Année nous fournit le moyen de nous accorder aux cycles naturels, de reconstruire en conscience notre relation avec les rythmes naturels de l’univers et, ainsi de se reconnecter à la Nature, dont nous faisons partie intégrante, mais nous l’oublions si facilement... Après les énergies de fécondation, de pollinisation, de croissance du sabbat de Beltane, le solstice d’Eté, appelé sabbat de Litha, amène avec lui des énergies de manifestation de la création de ce germe de nos pensées préparé à Imbolc, fertilisé et planté à Ostara et pollinisé à Beltane. Litha est le point culminant du cycle des saisons où la Lumière va céder sa place à l’Obscurité : c’est le moment d’agir et d’aller de l’avant.

Le terme solstice vient du latin « sol » et « stitium » signifiant que le soleil reste immobile, ce qui se traduit physiquement par le fait que ce jour est le plus long de l’année, où la Lumière règne toute la journée et meurt avec le Soleil qui se couche annonçant le début du cycle sombre (les jours commencent à décroître). Techniquement, le solstice est l'un des moments où la déclinaison du Soleil sur la sphère céleste semble constante et où le demi-axe de la Terre est le plus incliné vers le Soleil.

À égale distance entre l’équinoxe de Printemps et d’Automne, le solstice d’Eté est fêté le 21 juin, et plus largement entre le 20 et le 22 juin. Dans le Calendrier de Coligny, c’est le mois appelé « Simivisonnios », les 8ᵉ mois de l'année chez les Celtes de la protohistoire, que l’on associe au chêne, roi celtique des arbres. Le nom de « Litha » apparaît dans le « De temporum ratione » de Bède le Vénérable, moine lettré anglo-saxon (672/673-735), où il donne les noms anglo-saxons des mois. Mais ce sabbat prend différents noms selon les croyances et pays : Aban Heflin pour les Druides, Feill-Sheathain en Écosse, Thing-Tide pour les Scandinaves, etc.

Les célébrations des équinoxes et des solstices sont liées au calendrier agricole, car n’oublions pas que les premiers païens et la majorité de la population vivaient à la campagne, en lien direct avec le cycle de la croissance et de la récolte. Le solstice d’Eté marque la fin des semailles et le début de la première récolte. Ce jour leur permettait de se reposer et de profiter des fruits de leur labeur. Des sites archéologiques montrent que de nombreuses civilisations ont fêté cet événement astronomique. Le site le plus connu est Stonehenge, datant d’environ 3000 ans avant notre ère, matérialisant 3 alignements solaires durant toute la journée : à l’aube, à midi et au coucher. Notons une grande ressemblance avec l’ensemble de mégalithes du site Nabta Playa dans le désert égyptien. Toujours en Égypte, les rayons du Soleil couchant se glissent entre les 2 plus grandes pyramides de Gizeh, et frappent les murs du temple d’Abydos, l’Osireion. Chez les peuples amérindiens, la célébration du Dieu Soleil avait une énorme importance, comme le montrent notamment la butte Fajada au Nouveau-Mexique, ou le Tumulus du Serpent en Ohio, mais aussi la persistance, encore de nos jours, de ces fêtes composées de danses solaires rituelles chez les Sioux, Natchez ou encore les Indiens Hopis. En Grèce antique, le solstice d’Eté était relié à la légende de Prométhée ayant donné le feu du ciel aux humains; à Rome, il était consacré à Junon, déesse de la fécondité et du mariage et au festival des Vestales; et, en Gaule, était organisée la Fête d’Epona en l’honneur de la déesse de la fertilité, de l’agriculture et des chevaux. Beaucoup de ces fêtes anciennes sont toujours célébrées, que ce soit à Stonehenge, en Cornouaille (Penzance), en Norvège (Bergen), en Allemagne (Externsteine) ou encore aux États-Unis (Santa Barbara, Times Square) et dans les tribus amérindiennes, etc. …

L’ensemble de ces célébrations regroupe des symboles communs, dans des énergies de pouvoir culminant du Soleil, de guérison, de protection, de fertilité, d’abondance de la Terre, de prospérité, de fortune. Le solstice d’Eté est avant tout centré sur le Soleil qui atteint son pinacle et donc la célébration des déités associées. Par conséquent, c’est aussi un festival du Feu, où sont allumés des feux de joie avec des essences d’arbres particuliers (du chêne le plus souvent), dressés sur les collines autour desquels on dansait, où l’on faisait rouler des roues enflammées jusqu’en bas desdites collines. Messagères des esprits, symbole d’abondance, les abeilles sont importantes dans ce sabbat, tout comme le cheval tirant le char solaire (symbole de pouvoir, force, liberté, vitalité), l’aigle et le faucon personnification notamment du Dieu Soleil égyptien (puissance, force, triomphe de la vie sur la mort), ou encore le taureau et la vache (fertilité, force, abondance, richesse) faisant partie du festin sabbatique.

Si le solstice d’Été est la célébration par excellence du Soleil, il est également associé à la célébration de l’eau bienfaitrice pour les récoltes et plantations. Un grand nombre de dieux de la pluie, de l’orage, du tonnerre et des éclairs y sont honorés. Dans quasiment toute l’Europe, des pèlerinages à des puits sacrés étaient effectués, pour recevoir guérison et protection en contrepartie d’offrandes aux Gardiens de l’Eau. Ces endroits pouvaient être considérés comme un symbole du ventre de la Terre, ou des lieux de transition entre les mondes.

Comme à Samhain ou durant la Nuit de Walpurgis, il est dit que le voile entre les mondes est des plus minces, et que Litha est donc propice à la communication avec les représentants du « Peuple silencieux », les Fées attirées par les fleurs, le miel et le nectar, abondants en cette période. Il est coutume de leur laisser des offrandes de lait, de miel, d’hydromel, de bouquets floraux, afin de leur demander leur bénédiction. La légende raconte que si l'on marche accidentellement sur du millepertuis le soir de Litha, on peut se retrouver au pays féerique.

On entend sonner le glas de la saison claire, engrangez le maximum d’énergie et de pouvoir solaire durant cette journée du solstice d’Été!!!

Corinne, France